Le mémoire du Cardinal Marc Ouellet au sujet des accommodements raisonnables et de la liberté religieuse, présenté à la Commission Bouchard-Taylor, a suscité chez les journalistes du Québec (de la grande région de Montréal) une sorte d’hystérie « cathophobe ». Cette réaction disproportionnée aux propos du Cardinal semble bien illustrer la thèse de Philip Jenkins selon laquelle le dernier préjugé acceptable en Amérique du Nord est l’anti-catholicisme.
Prenons par exemple le « franc-parleur » Richard Martineau (Journal de Montréal), qui crache régulièrement son venin antichrétien dans ses chroniques. Il se défend d’être « contre les croyants », mais il qualifie les catholiques pratiquants qui veulent défendre leurs convictions de « grenouilles de bénitiers », d’ « intégristes », de mystiques délirants (« La grande clarté », 01/11/07) qui devraient enseigner « l’histoire du Père Noël et de la Fée des dents » (tout comme les juifs et les musulmans d’ailleurs) uniquement à l’église, la synagogue, la mosquée ou chez eux (« Dieu est amour », 18/10/07).
M. Martineau dénonce l’apparente hypocrisie de deux musulmanes qui parlent de tolérance mais qui n’acceptent pas les croyances des autres et laisse tomber un « bonjour l’ouverture » sarcastique (« Dieu est amour », 18/10/07). Mais c’est justement le manque d’ouverture et de tolérance qui semble faire défaut chez M. Martineau… Comparer la foi catholique à la croyance au Père Noël, ce n’est pas seulement insultant et intolérant, c’est un exercice intellectuel digne d’un élève de cinquième année. Pour reprendre le titre d’une émission de télévision populaire, « êtes-vous plus brillant qu’un élève de cinquième année »?
Voici un exercice qui pourrait s’avérer fort révélateur pour M. Martineau : reprendre les propres mots de son billet « Dieu est amour » au nom d’un apologiste croyant. Parlez-en à un Mark Shea (Catholic And Enjoying It) ou à un Jimmy Akin (Catholic Answers). Ils conviendront— j’en suis certain— de l’exactitude de ces propos:
« M. Richard Martineau,
J'écris des chroniques [religieuses] depuis plusieurs années. J'ai reçu des milliers de lettres et de courriels au cours de ma carrière.
Si j'ai appris une chose, au fil des ans, c'est que les [personnes] les plus [athées] sont souvent les plus agressives.
Plus une personne se dit pacifique, [libérale, ouverte et tolérante], plus elle est susceptible de poigner les nerfs et de perdre la carte si vous osez remettre ses croyances [matérialistes] en question.
Demandez-le à tous les [croyants] et à [toutes les personnes de religion] que vous rencontrez: la religion est le sujet qui suscite le plus de réactions hostiles de la part des [gens qui n’ont pas la foi].
Je ne sais pas ce que vous avez, je ne sais pas ce que vous mangez, mais dès qu'on parle de religion [/], vous vous mettez à vomir du vinaigre et à cracher de la bile comme la petite fille dans The Exorcist.
Épeurant, je vous dis.
Aimez votre prochain
Les guerres les plus sanglantes ont été déclarées au nom [d’une vision matérialiste du monde]. Les massacres les plus inhumains ont été commis au nom [du fanatisme séculier].
[Note : il est vrai comme le note M. Martineau que les guerres « au nom de la religion » ont fait beaucoup de victimes. Par exemple, selon les historiens (pas le Da Vinci Code!), l’Inquisition espagnole a fait environ 10 000 victimes (plus un autre 100 000 si on considère les gens qui sont morts en prison à cause de la maladie ou de la malnutrition). Mais le nombre de morts causé par les trois régimes despotiques et matérialistes/athés du 20ième siècle, à savoir ceux d’Adolf Hitler, Joseph Stalin et Mao Zedongmais surpasse tous les massacres de l’histoire : plus de cent millions… Si, en plus, on voulait ajouter les victimes d’avortements…]
Et les lettres les plus vitrioliques, les plus insultantes et les plus impolies sont écrites au nom [d’une vision matérialiste du monde].
Vous aimez votre prochain, mais seulement s'il croit la même chose que vous. S'il ose vous critiquer, même du bout des lèvres, vous voulez le pendre, le décapiter et jeter son corps aux lions.
C'est fou, le nombre de craqués qui m'écrivent pour me parler de [l’athéisme]. Des lettres de quinze, vingt pages, écrites à la main en tout petits caractères (recto-verso, bien sûr), avec des passages [de Dawkins ou de Hitchens] soulignés en rouge, et des découpures de journaux commentées d'une main fiévreuse.
Plus l'enveloppe est épaisse et plus le langage est ordurier, plus il y a de chances que le lecteur [athée] soit bandé sur… [quoi d’autre? le sexe].
Dialoguez
Et le pire, c'est qu'il n'y a aucune argumentation possible, aucune possibilité d'échange ou de dialogue. Comment pourrait-il en être autrement?
Vous SAVEZ. Vous avez vu LA LUMIÈRE. Vous avez eu une RÉVÉLATION.
Comment peut-on discuter avec des gens qui ont définitivement quitté le monde de la logique? »
M. Martineau terminait une de ses chroniques en disant : « profitez-en pour prier pour moi, pauvre mécréant... ».
Certainement, mon frère (je suppose que vous êtes baptisé). Je vous assure de ma prière.
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